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Demande de soins non programmée : des pistes de réformes

par La rédaction - le 25/05/2018

Une série de recommandations pratiques pour améliorer l’offre de soins non programmée.

Le député  de la Charente Thomas Mesnier a reçu comme lettre de mission en novembre dernier d’analyser la demande de soins non programmés. Il vient de remettre son rapport au ministre de la santé  et des solidarités Agnès Buzyn. Les demandes de soins non programmées peuvent se définir comme des demandes effectuées de manière inhabituellement rapide sans être particulièrement urgentes.  Ce rapport intitulé « Assurer le premier accès aux soins » pointe un certain nombre de dysfonctionnements dans l’organisation actuelle de l’offre de soins.

L’augmentation de la demande de soins

La régulation de la demande de soins non programmés constitue un enjeu majeur pour notre système de santé car elle constitue un des facteurs d’engorgement des urgences. Un domaine que Thomas Mesnier connaît bien puisqu’il a eu une expérience de médecin urgentiste à Angoulême. Cette demande s’accroît, notamment en raison de facteurs démographiques et socioculturels. Des facteurs épidémiologiques, comme les vagues de grippe de gastro entérites, impactent également cette demande. Les évolutions des modes d’exercice des médecins (féminisation de la profession, tendance à la réduction des horaires de travail) ont modifié le fonctionnement traditionnel de la permanence des soins et créé un certain nombre de dysfonctionnement accentuant encore le phénomène.

Développer l’information du patient

On estime que plus de 20 millions de patients passent chaque année en France par un service d’urgences. Or, 60 % des patients se rendent aux urgences de leur propre chef, en fonction de leur ressenti, faute de meilleure orientation et de pouvoir joindre leur médecin. Le rapport souligne  la nécessité de développer «  l’information et l’éducation de la population sur sa santé », notamment via le portail Sante.fr afin d’accroître les réflexes à avoir dans les petits maux du quotidien. En effet, une partie des dysfonctionnements observés tiendrait à « l’insuffisante information dispensée aux usagers sur la conduite à tenir en cas de problème de santé », pour le rapport.

19 propositions pragmatiques

Le rapport propose 19 recommandations pratiques afin de répondre par des moyens structurés, adaptés et coordonnés aux demandes de soins non programmés par un patient. Il préconise notamment une labellisation des organisations de soins non  programmés et des premiers soins ainsi que la mise en place d’un numéro d’appel  de santé unique. Le patient pourrait recevoir un conseil, une consultation médicale ou se voir envoyer des secours en fonction de son état et de son caractère d’urgence, à charge pour les régulateurs d’orienter les patients de façon optimale. Le tarif des visites à domiciles pourrait être revalorisé. Autre piste identifiée par le rapport, afin de fluidifier et étendre l’offre de soins : prévoir la possibilité d’être mieux remboursés pour les patients qui consultent un autre médecin que le médecin traitant qu’ils sont déclarés.

Revoir l’organisation des médecins généralistes

Il prône une réorganisation de l’offre de soins non programmée assurée par les médecins généralistes. On estime actuellement que ces soins représentent environ 12%  de leur activité. Une part jugée importante mais encore insuffisante par le député de la Charente qui appelle à une meilleure coordination de l’offre de soins de premier et second secours à l’échelle des bassins de vie. Il s’agirait notamment de développer les communautés professionnelles territoriales initiées en 2016. Une obligation pourrait être faite aux praticiens de libérer de demi journées à cet effet  avec un dispositif de planning en ligne. Il préconise également d’associer d’autres professionnels de santé à comme les pharmaciens ou les infirmiers à cet effort de coordination pour mieux répondre à la demande de soins non programmée.

 

La rédaction

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